Une vieille maison
Il y avait un camion devant la maison. Tout à l'heure. Un camion de déménagement.
Les oignons qu'elle avait planté, il y a si longtemps, sont en fleurs. Malgré son absence. Malgré le décès qui a tout changé. Comme si la nature criait un dernier soupir avant de disparaître.
Il y a un camion.
Dans la maison, il y a peut-être un vieux poele qui fera la joie d'un antiquaire. Il y a un vieux four à pain, dans la maison annexe, ça, je le sais. Mais il n'y a pas d'eau courante. Pas de ce luxe que tout ce qui appartient vraiment au patrimoine ne possède pas.
Il y a deux maisons, presque trois, si l'on compte la grange. La maison sans eau, est un cube d'intérêt architectural moindre, c'est vrai. Mais quand il est mort, je me disais, tiens un jour, on verra peut-être courrir des enfants au milieu des fleurs. Un bout de tuyau, et il y aurait eu de quoi rendre heureuses, deux familles. Et encore une ou deux dans la maison d'il y a plus de deux cent ans. Un charme à pleurer, un lilas un peu fatigué, au tronc d'arbre, fier et tendrement pâle.
Je me suis arrêtée devant le jardin. Le coeur serré. Tout ce que j'aurais réussi à faire c'est offrir à ces fleurs un dernier printemps... Compromis de cons, de dupes, de rien, de chagrin, ils vont mettre un garage sous la destruction.
Bah, des maisons, cela se détruit tous les jours, partout dans le monde, vous me direz. A coups d'avions, de bulldozers, de tremblement de terre, de tsunami et de toutes ces choses.
Il y avait un camion, tout à l'heure devant la maison !
Coquille. Vide.
La coquille, dans tout cela c'est que c'est elle qu'il aurait fallu transporter, loin, loin de la destruction.
Dans mon sac, il y avait mon appareil de photo. J'ai hésité. Je l'ai déjà en photo, en hiver, en automne, en été. Je n'ai juste pas cette maison, au printemps, avec les tulipes, le lilas...
Désormais, toute photo serait celle d'une autopsie.
...
Si j'y allais maintenant, ce serait comme décréter, ok salut, ciao alors.
Mais ...
Qui peut m'assurer que cette image restera gravée à jamais, dans mes souvenirs ?
...
Les oignons qu'elle avait planté, il y a si longtemps, sont en fleurs. Malgré son absence. Malgré le décès qui a tout changé. Comme si la nature criait un dernier soupir avant de disparaître.
Il y a un camion.
Dans la maison, il y a peut-être un vieux poele qui fera la joie d'un antiquaire. Il y a un vieux four à pain, dans la maison annexe, ça, je le sais. Mais il n'y a pas d'eau courante. Pas de ce luxe que tout ce qui appartient vraiment au patrimoine ne possède pas.
Il y a deux maisons, presque trois, si l'on compte la grange. La maison sans eau, est un cube d'intérêt architectural moindre, c'est vrai. Mais quand il est mort, je me disais, tiens un jour, on verra peut-être courrir des enfants au milieu des fleurs. Un bout de tuyau, et il y aurait eu de quoi rendre heureuses, deux familles. Et encore une ou deux dans la maison d'il y a plus de deux cent ans. Un charme à pleurer, un lilas un peu fatigué, au tronc d'arbre, fier et tendrement pâle.
Je me suis arrêtée devant le jardin. Le coeur serré. Tout ce que j'aurais réussi à faire c'est offrir à ces fleurs un dernier printemps... Compromis de cons, de dupes, de rien, de chagrin, ils vont mettre un garage sous la destruction.
Bah, des maisons, cela se détruit tous les jours, partout dans le monde, vous me direz. A coups d'avions, de bulldozers, de tremblement de terre, de tsunami et de toutes ces choses.
Il y avait un camion, tout à l'heure devant la maison !
Coquille. Vide.
La coquille, dans tout cela c'est que c'est elle qu'il aurait fallu transporter, loin, loin de la destruction.
Dans mon sac, il y avait mon appareil de photo. J'ai hésité. Je l'ai déjà en photo, en hiver, en automne, en été. Je n'ai juste pas cette maison, au printemps, avec les tulipes, le lilas...
Désormais, toute photo serait celle d'une autopsie.
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Si j'y allais maintenant, ce serait comme décréter, ok salut, ciao alors.
Mais ...
Qui peut m'assurer que cette image restera gravée à jamais, dans mes souvenirs ?
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