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Hello ! I love kids and dogs most of all, because they're pure and simple, friendly and loyal. The only thing that prevents me of being misanthropic is that I believe that I have everywhere, in this world, brothers and sisters of soul, or spirit. Mine just don't have the power to change things for the best. But I want to believe that one day, a majority of people will come to their senses. Above religion, colour of skin or other barriers.

Monday, July 16, 2007

Road notes



Départ à 6 heures jusqu'à 18h00. 4 jours de route. A peine traversée la frontière, arrivés en Italie, mon père triturait les boutons de la radio, trouvait une station joyeuse parlant italien, et lançait dans l'habitacle d’une voix tonitruante : « voilà, les vacances commencent, on est arrivés au Sud ! » Je regardais autour de moi, pour voir des différences, des similitudes, cette impression d’être déjà ailleurs … Les champs. Les champs dorés alors qu’ils étaient encore verts, à la maison. Le Sud, se résumerait presque, pour moi, à ces couleurs tendrement beiges, ces teintes de sienne.


La vraie impression de chaleur, c’était toujours vers Milan, dans le bouchon qu’il y avait à l’époque que cela commençait à monter. Passer au dessus de Venise. Avec ma mère qui râlait et qui se demandait pourquoi on ne pourrait pas, une fois, vite, s'arrêter. Bon après, quand on prenait le bateau, pour lui faire plaisir, avec mon père, on la suivait, l'âme ailleurs, impatients de passer aux choses essentielles du voyage. J'ai encore un de ces petits oiseaux de verre. Ah, ma fille prend délicieusement sa revanche. Bien fait pour moi. J'ai gardé de Venise, surtout, une impression d'algues, et un amour absolu pour les pigeons. Je sais, c’est assez prosaïque, comme impression. Navrée. Première nuit en Yougoslavie. Oui, je sais, je sais, maintenant, cela nous ferait beaucoup plus de pays à traverser. Et je ne suis pas sûre que j’en ai envie. Je ne sais pas. J’ai la nostalgie des choses simples. Oui, les « Chevap chichi » comme qu’ils disaient, tous ces bons petits plats que j’adorais. Où je me sentais, déjà, un peu chez moi. Bien. Souvenirs … Ce soir là, dans cet hôtel qui faisait la fête, la musique, si belle … mais bon, l’année suivante on a trouvé un hôtel où l’on pouvait « dormir ». Aléas des routiers. J'aimais bien dormir là-bas, parce que les draps étaient toujours frais. Le matin, il faisait presque froid, et c'était comme se charger d'un peu de fraîcheur pour la journée à venir. Ah c'était l'époque d'avant la clim. Parfois je me dis que ce sont ces voyages qui ont dû transformer ma température ambiante. Je ne suis vraiment bien qu'à 35° à l'ombre.


Et puis, il y avait toujours, les petits soucis ... La fois où l'on a oublié les passeports dans un hôtel ... à 12 heures de route, passés, de là. Le réaliser alors que l'on allait prendre une chambre dans l'hôtel suivant. Mon père se liquéfiant à grosse sueur froide. Trois jours à attendre leur envoi, par la poste. A errer sans vraiment capter quoi que ce soit (3 jours de moins de vacances en Turquie, je me souviens, j'étais furax, 3 jours à attendre, de plus de retrouver mon frère, enfin, mon cousin). Je plaisante. Mes parents savaient faire de chaque pépin un fruit.

La fois où l'a cru avoir oublié mon ours en peluche fétiche, je crois que mon père est devenu encore plus vert. Je n’oublierai jamais, c’est à des moments comme cela que les papas deviennent des rois. Premier cadeau de ma grand-mère d'ici à mon retour après qu'on lui ait ravi sa première et précieuse petite-fille pour aller vivre en Turquie. ll paraît que je n'étais pas très diplomatique, car quand elle avait fait le voyage pour me voir en Turquie, les bras croisés avec les mains sous les aisselles, postée devant elle je lui ai demandé, en turc, bien sûr :"pourquoi tu parles pas turc ?" Très petite il semble que je faisais une fixation sur le fait de parler la langue locale. Quand j'ai vécu chez elle, par la suite, à notre retour en Suisse, je ne causais plus qu’en allemand. Bref. La fois où le pare-brise s'est brisé. Je me souviens de ce trajet passé aux pieds de ma mère, par terre, comme une sorte de caniche, pour ne pas prendre froid à l'arrière, en cherchant un réparateur. Il paraît que je jouais avec deux trois personnages en plastique. A l'époque, pour traverser la Bulgarie, il était obligatoire de changer une certaine somme à l'entrée du pays. Entrée de devises... Bref, il nous était impossible de dépenser cet argent vu notre transit rapide du pays. En fin de journée, alors que la frontière turque se dessinait, le jeu consistait à imaginer tout ce que l'on pourrait acheter avec cet argent. Genre on s'achèterait un bateau, ou un chameau et le plus souvent on choisissait bêtement de boire et grignoter le pécule. Je crois que mon père n'avait pas fini sa phrase : « limonades pour tous à la station routière finale » que l'on s'est fait arrêter pour une raison inconnue, et que l'on a payé une amende qui nous a laissé à sec. Oui, parce que quand je dis acheter un chameau, je plaisante à peine. Un jour, en Turquie, un homme (bon c'était un rigolo qui avait décidé de faire rêver une gamine) a ainsi proposé son bébé chameau pour 2 dollars. Le plus sérieusement du monde, mon père m'a expliqué la valeur de 2 dollars, ce qui évidemment m'a vraiment fait comprendre que j'avais de quoi m'offrir avec mon cochon en porcelaine à la maison, cette peluche géante. Mais bon, mes parents m’ont refusé cette avance de fonds, pour des raisons absurdes comme le fait que l’on avait un balcon. A la fin, ils ont usé de l’argument qui m’a fait lâcher quelques dizaines de boules de poils : « laisse-le ici, avec ses amis, la liberté, et le soleil. Il sera mieux ici. » Un argument imparable, à mes yeux. Et je repartais, soulagée.


La fois où la Bulgarie, en phase locale de bulgarisation des noms, a décidé de nous laisser végéter, des centaines de routiers, toute une nuit, à sa frontière. Il y avait des funs, de ce genre. L'année suivante, on a choisi de passer par la Grèce, tant qu'à faire, il fallait bien, à moins de faire le tour par le diable vert, passer quelque part...

les toasts au bord de la mer, à Kavala, près de Thessaloniki, sur des chaises oranges et sous des parasols rouge et blancs. La fois où ma mère avait réussi à convaincre l'équipe d'insupportables impatients, renforcée avec l'arrivée du frangin, de prendre le temps "une fois !" de traverser la côte dalmatienne. La pauvre, pigeon voyageur réduit au stade de japonaise en car, et encore, un car, de temps en temps il s'arrête. Son enthousiasme merveilleux : "Regardez la mer, là, on pourrait vite se baigner, non ?" Et deux sales mouflets, assis à l'arrière, rouges de chaleur, préférant "avancer encore aujourd'hui". Et puis d'abord, c'est pas comme la mer en Turquie. Les enfants sont parfois terriblement irrationnels. Je sais. Je sais.. Mais la rencontre la plus adorable de tous mes voyages, c'était ce paysan grec. Quel amour, cet homme. Imaginez, une route déserte. Pas du tout une zone touristique. On arrive. Un homme se jette sur la route devant nous. Un peu inquiet, mais pas trop, les gens du Sud sont tellement plus sûrs que ce que l'on dit ici, d'eux. On s'arrête. Toutes fenêtres, bien sûr ouverte. Le type essaie d'expliquer, s'énerve, puis soudain se jette carrément dans la voiture pour fermer les aérations. En faisant des gestes quasi hystériques. Puis depuis l’extérieur de la voiture, sa main à l'intérieur, on commençait tous à flipper quelque peu, il commence à remonter la vitre. Enfin bref à force de signes, de rage, il nous a laissé partir, toutes vitres et aération fermée, dans un silence de plomb on s’est éloigné, loin de cette sorte de fou ... pour traverser, dans le même silence stupéfait, un nuage noir d'abeilles. Il y en avait tellement que l'on entendait carrément le bruit de leurs corps qui s'écrasent sur la route… Ce paysan grec je ne l'oublierai jamais.






La fois où l'on est arrivés trop tard, mais où l'on voulait absolument, au moins, être en Turquie pour passer la nuit. A une époque où les hôtels se comptaient sur les doigts d'une main. Surtout à Edirne. L'hôtel pourri que l'on avait finalement trouvé, épuisés, vers minuit. Mon père qui était revenu avec des paquets de journaux pour que l'on dorme dessus. En rouspétant. J’ai super bien dormi, dans cet hôtel. Toujours été Polyanna à la puissance 10 en Turquie. En général, on traversait la mer Marmara par Canakale en fin d’après-midi. Après avoir chanté « Kesan » … enfin, je veux dire « Communication » d’Adriano Celentano. Bon, mais pour moi, il disait Kesan, et vu que Kesan c’était un signe que l’on était en train d’arriver, une chanson qui me fait toujours penser aux bateaux. C’était d’autant plus délicieux, d’arriver au pays. Le premier ayran, en attendant le ferribot. L’air marin, si rafraîchissant. Cette impression d’arriver à bon port.

Un jour j’écrirai sur le petit canot de pêche de mon oncle. Et quand on partait pêcher, avec un simple fil avec un plomb au bout, un bout de mie de pain… Il était blanc et rouge. On l’avait repeint, un jour, avec mon cousin. Je l’ai repeint, sur une toile, l’autre jour. Mais c’est une autre histoire.

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