lines

Hello ! I love kids and dogs most of all, because they're pure and simple, friendly and loyal. The only thing that prevents me of being misanthropic is that I believe that I have everywhere, in this world, brothers and sisters of soul, or spirit. Mine just don't have the power to change things for the best. But I want to believe that one day, a majority of people will come to their senses. Above religion, colour of skin or other barriers.

Thursday, July 19, 2007

Amer rouge et blanc


Au milieu de la mer
au creux d'un lit de roches noires
noires comme l'or qui fait tourner le monde
Sur la mer bleue
dite blanche,
ma bannière
mon tendre amer

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Ombres bleues au coeur de la toile


Afghanistan :
La grand-mère, la mère et la fille, marchent dans les décombres de la ville
tableau peint en septembre 2001
Du bleu
des ombres bleues
au coeur
de la toile
des vils projets

Next step : Iran



Il m’arrive d’avoir le mal de terre.
Mais jamais je n’ai eu de mal de mer, de train, ou de voiture. L’avion, c’est une autre histoire… je sais, je sais, il existe des cours, il suffit de mettre sa tête dans les genoux comme une autruche et tout ira bien. Il suffit de ne pas lire la notice explicative de l’avion dans lequel on monte – ce que je suis incapable de ne pas faire – ne pas se demander pourquoi l’avion vole plus vite et plus haut que prévu par les constructeurs, ne pas avoir envie de se ruer sur le gamin qui joue avec sa game boy (c’est marqué que l’on ne doit pas, zut). Il y a trente ans, les gens montraient leurs valises et montaient à bord. Aujourd’hui je regarde les gens qui montrent leur valise et j’ai l’impression d’être une vache allant à l’abattoir. J’ai découvert le terrorisme à 7-8 ans. C’est certainement la raison pour laquelle je me sens si concernée. Parce qu’il n’y a rien de plus fou que de ne pas essayer de comprendre les raisons motivant tout acte.
A vous rendre fou.
Oui.

Le 11 septembre 2001, nous devions aller voir « Amélie Poulain » avec mon âme sœur, ma Kitty, comme je l’ai appelée, un jour, sur le net. Oui, oui, cela vient d’Anne Franck. Il faut dire que j’ai commencé à écrire pour évacuer ce que mes proches ont tellement entendu, qu’ils auraient pu commencer à m’éviter. Oui, parce qu’évidemment, le terrorisme arménien, l’ASALA, m’a amené à comparer, à un âge où généralement les jeunes filles comparent la poussée de leur poitrine sous leur T-shirt, à comparer, disais-je, la compréhension de ce terrorisme avec celui, tiens, des Palestiniens. Le problème palestinien m’a amenée au terrorisme des bons et mauvais sentiments… Traduire le site du croissant rouge palestinien m’a amenée à devenir folle en pensant qu’à 10 jours près, un enfant, tiens, un enfant comme Anne, peut disparaître à cause du silence monstrueux. La violence de certains malades de leurs concepts de « races » m’a évidemment amenée à essayer de comprendre la NAACP, et sur ma lancée, à écouter aujourd’hui des chansons de M.I.A. Bref, un jour j’ai gravement pété les plombs.

Il se trouve que mon fils ressemble à deux enfants : Mohammad Al Durrah et un enfant israélien, dont j’ai la photo ici, d’un Paris-Match avec Daniel Gélin en couverture. C’est monstrueux, c’est terrible comme ces 3 enfants se ressemblent. En fait, il suffit de plonger ses yeux dans le regard d'un enfant pour se dire qu'ils se ressemblent tous, tellement. En ce qui me concerne, je n’ai qu’une seule foi : le droit des enfants. Il y avait une nouvelle de Stephen King avec des enfants rois qui éliminaient tout ce qui dépasse l’enfance. Quand je lis ces vieux salopards en train de creuser de quoi trouver encore et toujours des raisons de haïr, je me surprends à rêver d’un monde où seuls les enfants et les chiens auraient droit à la parole.

Sur des sites internet où j’écrivais, (comme des surplus de mots à ma Kitty) j’ai fait la connaissance de gens très compliqués : On m’a traitée de « sale Juive », de sale Turque, on ma conseillé d’aller relire mon Coran, on m’a dit que j’étais alcoolique, on m’a demandé si je cherchais une aventure, si j’étais lesbienne, on m’a suggéré que j’étais ménopausée vu mes névroses. En fait, comme le disait Romain Gary : « Il faut être dans un état d’équilibre parfait pour ne pas être déséquilibré par les déséquilibrés » Moi, le monde m’a toujours mis dans un état d’équilibre précaire. Essayer de comprendre les raisons de la haine, c’est déstabilisant. On se sent un peu l’âme d’un Graham de Thomas Harris, perdu au milieu de tonnes de sensations.

Ce jour-là, nous ne sommes pas allé voir « Amélie Poulain ». J’étais en train de peindre une sorte d’étang… mais je n’ai plus réussi à rendre quoi que ce soit. Une envie de gerber, peut-être. Oui, je l’avoue, pas à cause de l’évènement en soi, mais pour ses suites logiques. Quelques jours après, passant devant ma toile, mon fils m’a fait remarquer que ça ressemblait à New York… je l’ai regardé, j’ai terminé mon tableau,



Du sang à la rivière de sang




puis j’ai peint le deuxième, très vite. (post suivant) Pour équilibrer le tout… Parce que c’est cela, la réalité. Les bons comptes font les bons ennemis.

Avant de ne plus être capable de peindre quoi que ce soit, longtemps, très longtemps. Ces petites fleurs, ces petits paysages ridicules, c’était tout simplement trop idiot, comme thèmes.

Des enfants, un chien et je vous assure que tout prend un sens.

Comment est-ce que l'on peut, le plus sérieusement du monde et dans une sorte de "cohérence" tranquille, tellement qu'elle en est à couper le souffle, imaginer, que ouais euh tank à faire hein y a ka aussi exploser l'Iran koa.

Je ne sais pas, je suis complètement dépassée.

Pour les malades mentaux qui n'avaient pas conscience de l'existence d'êtres vivants, bordel, de femmes, d'enfants, en Afghanistan, puis, en Iraq, est-ce que si cet argument

ENORME

ne leur parlait pas,

Est-ce qu'au moins la

MERDE ENORME

en Iraq ne leur montre pas la connerie de cette fuite en avant ?

Je me sens dépassée.



Monday, July 16, 2007

Turkish delight

Le clapotis de l'eau
un verre à thé
sur une table en bois
et se dire,
tiens
il existe un monde...

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Road notes



Départ à 6 heures jusqu'à 18h00. 4 jours de route. A peine traversée la frontière, arrivés en Italie, mon père triturait les boutons de la radio, trouvait une station joyeuse parlant italien, et lançait dans l'habitacle d’une voix tonitruante : « voilà, les vacances commencent, on est arrivés au Sud ! » Je regardais autour de moi, pour voir des différences, des similitudes, cette impression d’être déjà ailleurs … Les champs. Les champs dorés alors qu’ils étaient encore verts, à la maison. Le Sud, se résumerait presque, pour moi, à ces couleurs tendrement beiges, ces teintes de sienne.


La vraie impression de chaleur, c’était toujours vers Milan, dans le bouchon qu’il y avait à l’époque que cela commençait à monter. Passer au dessus de Venise. Avec ma mère qui râlait et qui se demandait pourquoi on ne pourrait pas, une fois, vite, s'arrêter. Bon après, quand on prenait le bateau, pour lui faire plaisir, avec mon père, on la suivait, l'âme ailleurs, impatients de passer aux choses essentielles du voyage. J'ai encore un de ces petits oiseaux de verre. Ah, ma fille prend délicieusement sa revanche. Bien fait pour moi. J'ai gardé de Venise, surtout, une impression d'algues, et un amour absolu pour les pigeons. Je sais, c’est assez prosaïque, comme impression. Navrée. Première nuit en Yougoslavie. Oui, je sais, je sais, maintenant, cela nous ferait beaucoup plus de pays à traverser. Et je ne suis pas sûre que j’en ai envie. Je ne sais pas. J’ai la nostalgie des choses simples. Oui, les « Chevap chichi » comme qu’ils disaient, tous ces bons petits plats que j’adorais. Où je me sentais, déjà, un peu chez moi. Bien. Souvenirs … Ce soir là, dans cet hôtel qui faisait la fête, la musique, si belle … mais bon, l’année suivante on a trouvé un hôtel où l’on pouvait « dormir ». Aléas des routiers. J'aimais bien dormir là-bas, parce que les draps étaient toujours frais. Le matin, il faisait presque froid, et c'était comme se charger d'un peu de fraîcheur pour la journée à venir. Ah c'était l'époque d'avant la clim. Parfois je me dis que ce sont ces voyages qui ont dû transformer ma température ambiante. Je ne suis vraiment bien qu'à 35° à l'ombre.


Et puis, il y avait toujours, les petits soucis ... La fois où l'on a oublié les passeports dans un hôtel ... à 12 heures de route, passés, de là. Le réaliser alors que l'on allait prendre une chambre dans l'hôtel suivant. Mon père se liquéfiant à grosse sueur froide. Trois jours à attendre leur envoi, par la poste. A errer sans vraiment capter quoi que ce soit (3 jours de moins de vacances en Turquie, je me souviens, j'étais furax, 3 jours à attendre, de plus de retrouver mon frère, enfin, mon cousin). Je plaisante. Mes parents savaient faire de chaque pépin un fruit.

La fois où l'a cru avoir oublié mon ours en peluche fétiche, je crois que mon père est devenu encore plus vert. Je n’oublierai jamais, c’est à des moments comme cela que les papas deviennent des rois. Premier cadeau de ma grand-mère d'ici à mon retour après qu'on lui ait ravi sa première et précieuse petite-fille pour aller vivre en Turquie. ll paraît que je n'étais pas très diplomatique, car quand elle avait fait le voyage pour me voir en Turquie, les bras croisés avec les mains sous les aisselles, postée devant elle je lui ai demandé, en turc, bien sûr :"pourquoi tu parles pas turc ?" Très petite il semble que je faisais une fixation sur le fait de parler la langue locale. Quand j'ai vécu chez elle, par la suite, à notre retour en Suisse, je ne causais plus qu’en allemand. Bref. La fois où le pare-brise s'est brisé. Je me souviens de ce trajet passé aux pieds de ma mère, par terre, comme une sorte de caniche, pour ne pas prendre froid à l'arrière, en cherchant un réparateur. Il paraît que je jouais avec deux trois personnages en plastique. A l'époque, pour traverser la Bulgarie, il était obligatoire de changer une certaine somme à l'entrée du pays. Entrée de devises... Bref, il nous était impossible de dépenser cet argent vu notre transit rapide du pays. En fin de journée, alors que la frontière turque se dessinait, le jeu consistait à imaginer tout ce que l'on pourrait acheter avec cet argent. Genre on s'achèterait un bateau, ou un chameau et le plus souvent on choisissait bêtement de boire et grignoter le pécule. Je crois que mon père n'avait pas fini sa phrase : « limonades pour tous à la station routière finale » que l'on s'est fait arrêter pour une raison inconnue, et que l'on a payé une amende qui nous a laissé à sec. Oui, parce que quand je dis acheter un chameau, je plaisante à peine. Un jour, en Turquie, un homme (bon c'était un rigolo qui avait décidé de faire rêver une gamine) a ainsi proposé son bébé chameau pour 2 dollars. Le plus sérieusement du monde, mon père m'a expliqué la valeur de 2 dollars, ce qui évidemment m'a vraiment fait comprendre que j'avais de quoi m'offrir avec mon cochon en porcelaine à la maison, cette peluche géante. Mais bon, mes parents m’ont refusé cette avance de fonds, pour des raisons absurdes comme le fait que l’on avait un balcon. A la fin, ils ont usé de l’argument qui m’a fait lâcher quelques dizaines de boules de poils : « laisse-le ici, avec ses amis, la liberté, et le soleil. Il sera mieux ici. » Un argument imparable, à mes yeux. Et je repartais, soulagée.


La fois où la Bulgarie, en phase locale de bulgarisation des noms, a décidé de nous laisser végéter, des centaines de routiers, toute une nuit, à sa frontière. Il y avait des funs, de ce genre. L'année suivante, on a choisi de passer par la Grèce, tant qu'à faire, il fallait bien, à moins de faire le tour par le diable vert, passer quelque part...

les toasts au bord de la mer, à Kavala, près de Thessaloniki, sur des chaises oranges et sous des parasols rouge et blancs. La fois où ma mère avait réussi à convaincre l'équipe d'insupportables impatients, renforcée avec l'arrivée du frangin, de prendre le temps "une fois !" de traverser la côte dalmatienne. La pauvre, pigeon voyageur réduit au stade de japonaise en car, et encore, un car, de temps en temps il s'arrête. Son enthousiasme merveilleux : "Regardez la mer, là, on pourrait vite se baigner, non ?" Et deux sales mouflets, assis à l'arrière, rouges de chaleur, préférant "avancer encore aujourd'hui". Et puis d'abord, c'est pas comme la mer en Turquie. Les enfants sont parfois terriblement irrationnels. Je sais. Je sais.. Mais la rencontre la plus adorable de tous mes voyages, c'était ce paysan grec. Quel amour, cet homme. Imaginez, une route déserte. Pas du tout une zone touristique. On arrive. Un homme se jette sur la route devant nous. Un peu inquiet, mais pas trop, les gens du Sud sont tellement plus sûrs que ce que l'on dit ici, d'eux. On s'arrête. Toutes fenêtres, bien sûr ouverte. Le type essaie d'expliquer, s'énerve, puis soudain se jette carrément dans la voiture pour fermer les aérations. En faisant des gestes quasi hystériques. Puis depuis l’extérieur de la voiture, sa main à l'intérieur, on commençait tous à flipper quelque peu, il commence à remonter la vitre. Enfin bref à force de signes, de rage, il nous a laissé partir, toutes vitres et aération fermée, dans un silence de plomb on s’est éloigné, loin de cette sorte de fou ... pour traverser, dans le même silence stupéfait, un nuage noir d'abeilles. Il y en avait tellement que l'on entendait carrément le bruit de leurs corps qui s'écrasent sur la route… Ce paysan grec je ne l'oublierai jamais.






La fois où l'on est arrivés trop tard, mais où l'on voulait absolument, au moins, être en Turquie pour passer la nuit. A une époque où les hôtels se comptaient sur les doigts d'une main. Surtout à Edirne. L'hôtel pourri que l'on avait finalement trouvé, épuisés, vers minuit. Mon père qui était revenu avec des paquets de journaux pour que l'on dorme dessus. En rouspétant. J’ai super bien dormi, dans cet hôtel. Toujours été Polyanna à la puissance 10 en Turquie. En général, on traversait la mer Marmara par Canakale en fin d’après-midi. Après avoir chanté « Kesan » … enfin, je veux dire « Communication » d’Adriano Celentano. Bon, mais pour moi, il disait Kesan, et vu que Kesan c’était un signe que l’on était en train d’arriver, une chanson qui me fait toujours penser aux bateaux. C’était d’autant plus délicieux, d’arriver au pays. Le premier ayran, en attendant le ferribot. L’air marin, si rafraîchissant. Cette impression d’arriver à bon port.

Un jour j’écrirai sur le petit canot de pêche de mon oncle. Et quand on partait pêcher, avec un simple fil avec un plomb au bout, un bout de mie de pain… Il était blanc et rouge. On l’avait repeint, un jour, avec mon cousin. Je l’ai repeint, sur une toile, l’autre jour. Mais c’est une autre histoire.

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Friday, July 13, 2007

Horizon : ligne de flottaison

Flottement de ciel sur la mer
D'après une photo de Cavit Kürnek.

J'adore ce photographe.

Ce n'est pas le premier tableau que je peints à partir d'une de ses photos.

L'autre jour j'ai constaté qu'il s'était mis au net. J'ai chez moi une vingtaine de ses photos originales, il est poète et son regard sur les gens, les objets est simplement magique.

Il est le maître d'au-delà la carte postale, entendez, le maître de l'authenticité.

Un jour, je prendrais le temps de traduire en anglais les pages que j'avais écrites à son sujet, sur mon ancien blog.

http://www.fotofanclub.com/Club/Member.aspx?ID=6029

22 Temmuz


Türkiye, 05/07




Keske tatilim olsaydi...

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Truva



Il s'appelait Truva

Ce bateau, c'est - enfin, je devrais dire, "c'était", mais je ne peux m'y résoudre - mes pensées sont soudées à chaque clou de ce bateau. Il est né en 1967, et il effectuait les traversées Venise, Brindisi, Izmir.

C'est mon enfance. Truva, cette image, c'est comme voir une maison de mon passé.

C'est l'amour de la mer, des bateaux.

C'est l'odeur du large. Ces dauphins qui zigzagaient devant la proue.

C'est la simplicité conviviale qui règnait sur ce bateau, les repas avec le capitaine tout de blanc vêtu. Le personnel de bord qui savait fermer les yeux sur les habitués qui passaient au-delà des panneaux d'interdiction. Quand l'envie de jouer à la figure de proue, (ouais, ouais, comme Kate Winslet, c'est d'ailleurs à mes yeux, la plus belle scène du film à la fin par trop téléphonée). Les anglais ne peuvent dire "it" pour parler d'un navire. Ils disent "she", comme pour parler d'une femme. Pour moi, Truva c'est plus. Un ensemble de choses, d'éléments, inoubliables.


L'odeur du fioul. Regarder à peine la ménagerie de verre, la Place et les ponts des soupirs, si impatiente de retrouver ma maison flottante.

La traversée de Venise, quand ce bateau un peu pataud, se prenait pour une gondole.





La petite sonnerie qui nous appelait pour le petit-déjeuner, les repas.

La piscine avec ses mosaïques bleues, et rouges, remplie spécialement trop peu, pour le plaisir des enfants. Avec les vagues, la piscine devenait un océan tourmenté en plein milieu de la mer.

Les grosses vagues qui nous attendaient, fidèles, en remontant de la zone sous la Grèce, à la mer Egée. Parfois terrifiantes. Mais chouettes, aussi, parce que le bateau était alors à moi. Tous les autres étant pliés dans leur cabine. Jamais eu le mal de mer. Il m'est arrivé par contre, d'avoir le mal de terre.
Et puis, comme l'avait dit un jour, le capitaine, dans une forme de boutade : "bu gemi batmaz, patlar". Ce bateau ne coulera jamais, il pourrait exploser.

Les odeurs de köfte quand on bronzait sur le pont, en haut.

Le bar du capitaine, avec ses tables en bois, ses coussins multicolores.

Le portrait d'Atatürk, dans le grand salon, que toute petite j'avais confondu avec celle de mon grand-père.

Il y avait les allers ... et puis, il y avait les retours.

Très jeune, j'ai appris que tout lieu n'est finalement qu'une affaire d'état d'esprit.

A l'arrière du bateau, lorsque l'on quittait Izmir, je retrouvais ma cabine, avec une envie : dormir. Dormir 11 mois.


Il y a quelques années, sur un forum de cinglés adorables de vieux bateaux, j'avais demandé des nouvelles d'une des maisons où j'ai laissé un peu de mon âme. La réponse tardant à venir, j'ai passé le temps ...

Il y a quelques mois, j'ai trouvé ma réponse ...


Eh bien, je ne veux pas savoir.
Voyez. Je vais faire comme si je ne savais pas.
Je vais faire comme si Truva continuait à finir ses jours entre Istanbul et Izmir. Je vais en rester à cette date, ci-dessus.
Et puis, d'abord, c'est idiot d'aimer un bateau à ce point. Qu'une simple image de son petit corps trapu vous remue le coeur.
merci à wowturkey.com. Qu'est-ce que j'aurais mieux fait de ne pas poser la question.

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Thursday, July 12, 2007

Grosse fatigue




Je ne sais pas exactement à quel moment cela m'a pris, mais, un jour, j'ai réalisé que j'étais devenue allergique à un nombre de choses de plus en plus élevé. Ayant par ailleurs une longue expérience des billets de course que l'on établit, afin d'être sûr de ne rien oublier, je me suis dit que j'allais en faire une liste. De ces choses. Je m'explique : Oui, parce que l'air de rien, je ne me souviens pas avoir, une fois, une seule, pris avec moi un tel billet avant d'aller au supermarché. Donc, préparer une liste est une façon de se préparer à l'oublier. Et chose agaçante, il ne m'est jamais arrivé d'oublier précisément la chose en tête de liste des choses à ne pas oublier.


C'est ainsi que j'ai pu établir une forme de maxime en ce qui me concerne. Il me suffit d'écrire les choses importantes mais pas essentielles, pour pouvoir les oublier. (NB : les choses importantes et essentielles, c'est une autres histoire) Je n'aime pas trop la misanthropie. Mais voilà, les allergies, cela ne se commande pas :

1. je ne supporte pas les pseudos avec des noms de personnages de jeux de rôles, de ces petits personnages tout mimi tout oniriques tout cons tout plein. Je déteste.

2. je ne supporte pas les jeux de mots à chaque phrase, l'humour lourd, l'insistances, les pots de colle.

3. je ne supporte pas les gens cultivés mais cons

Donc voilà, un jour, je me suis réveillée et j'ai réalisé que les gens que j'aimais vraiment le plus ce sont des êtres comme le paysan de mon village qui a un nom d'une banalité monstrueuse, aucun sens du phrasé et qui a commencé à cultiver les champs du paternel à 16 ans, mais qui a, dans les yeux, un petit air terriblement intelligent, quand il me lance un "bah...." pépère, quand j'éructe sur la misère du Tiers Monde et que c'est aberrant tout ce colza (j'y suis allergique) pour faire du biodiesel, ce maïs pour faire du méthane, etc...

Bon, j'ai écrit ma liste.

Elle ressemble foutrement à ma liste habituelle de coms : pas d'OGM, pas d'excédents de E et autres allergènes, de l'authentique. (voyez, si j'écrivais sur un forum, il y aurait certainement un très très rigolo qui me lancerait mais un hôte en tiques, punaise, c'est comme cela que l'on devient un hérisson).

D'ici quelques jours, si jamais je tombe sur un nouveau supermarché de conneries en boîte je saurais certainement éviter le rayon.

Je suis crétinodunetophobe, mais je me soigne.

Et puis le net, j'adore.

Notamment ce site : les tales of the mere existence de Lev Yilmaz

http://www.ingredientx.com/


Sur you tube, pour visionner ses films, il est l'agentXPQ (marrant, j'ai comme l'impression qu'il a, lui aussi, rencontré son quota de princesses féru de Lord of the Rings, etc.) XPQ, comme pseudo, c'est un signe. Ce type est magique, direct, s'embrouille pas avec des concepts vides.


http://www.youtube.com/AgentXPQ


Procrastination me fait littéralement hurler de rire.

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Human trace


marque de papier, esprit de roc

Well, you certainly have heard about the wonderful, greatest civilisations (spell it like the italian King of soap TV or the man talking about the GOOD, and Ze Evil...) with capitals, pleeeze...

For me, the only trace anyone can leave is the SPIRIT
and the only way to live is not leaving traces, well, like me, here on a paper reproducing some Cave Art or petroglyph ... the essence of human traces is not to mark a place, but to be a living spirit.

l'essence de la trace humaine
n'est pas de marquer une place,
mais de survivre par son esprit.

The internet tourist


The road to Turfan

Don't ask me why, the reason lies simply somewhere in my heart
My greatest dream is to take the road, one day, with a kangal köpek, (they are fierce and loyal dogs, hush, don't tell it to my current dog, which is more like a wonderful quiet carpet ;)) . So one day, when I'm older, I'll go ... on board of an old old car, something like my first car, a Renault 4L, so simple, anyone could repair it, (I'm very practical, in my dreams, less so in reality), and go to the far east.
Oh, well, I would like to see some brothers in America too, to Devil Rock, seing the bears claws, I would like to talk about tjukurpa above some çukur in the middle of a mountain with lot of heads around, in Australia...
There are so many roads, and mainly, people I would like to know.
Well, for the time being, I travel on the virtual roads, and I paint my dreams.

I loved the book, well I love Anne Tyler, "The accidental tourist", I'm not sure if I'm an internet tourist, a virtuel road painter and writer, but I know that in my dreams I'm just eating Turfan grapes, the same you can find in Turkey, and which are today reinvented and copyrighted (AOC) with a lot OGM. ;)

Tuesday, July 10, 2007

Flowers power


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Allumette




La paille et la poutre sont de bois



comme l'allumette



Et pourtant seule une allumette peut illuminer les yeux
et les tenir ouverts

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Nostalgie




Les pieds dans l’eau, à Kekova, il y a si longtemps que je regarde les poissons nager sur les toits engloutis. A être là-bas. Tellement rien à rêver, par ici. Oui, être là-bas. Et puis, il y aurait des raisins sans pépins, des pêches aplaties dans lesquelles on peut mordre comme dans un biscuit, il y aurait des abricots si doux, qu'ils donneraient leur nom à un dessert, il y aurait, sur la porte un talisman contre le mauvais oeil, et des fruits étranges que l'on appelle cornes de chèvres au goût de banane, il y aurait le parfum du jasmin, envoûtant la nuit, les plaisirs du soir, ouvrant leur corolle, il y aurait le bruit des rires sur les terrasses, des cris d'enfants dans la rue. Il y aurait ces chiens qui aboient sans savoir eux-mêmes pourquoi, semblant s’arrêter au milieu d’un mot, perplexes. Pas peu fiers, leur collier de la SPA au cou, mais restant libres de faire les fous au sein de leur gang. Il y aurait une lune telle une bulle jaunie, grimpant au rideau du ciel filé d’étoiles. Il y aurait, il y aurait la mer. La mer que l'on dit blanche quand elle s'éloigne de la côte, il y aurait le sable et les rochers se transformant les uns en autres. Il y aurait des grenouilles, un berger d'Anatolie et un âne qui jouerait aux échecs, il y aurait, le sentiment d'être à la maison. D'être bien. Et c'est là que mes cendres seront dispersées. J'ai su dès mon enfance que je ne saurai vivre loin de ce soleil. Je choisirai, enfin, ils choisiront pour moi, ceux qui restent, une forêt dévastée par un incendie et c’est là que je m’envolerai. Cendres parmi des cendres retrouver le magma. Quand je serai morte, je le verrai enfin, tous les jours, ce soleil qui a quitté mes yeux, dans ce putain de monde de glace.

(Eté 2007, 15 °, pluies incessantes. Marre !!!!)

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